- Mimoun Charqi - ANALYSE POLITIQUE ET JURIDIQUE -

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LA SOLUTION DE LA REGION AUTONOME DU SAHARA

Longtemps durant et à plusieurs reprises, les discours de feu Hassan II sont revenus sur le modèle des landers allemands, la régionalisation, voire l'autonomie pour le sahara. L'option des autonomies n'est pas nouvelle au Maroc. Le Roi Mohamed VI, déjà lorsqu'il était prince héritier, avait rencontré des dirigeants du Polisario. L'initiative du Maroc pour un statut d'autonomie au Sahara est une leçon de démocratie. Elle relève de la volonté et de la conviction du Maroc d'apporter au problème du Sahara, un règlement juste, légal, durable, définitif et démocratique. La démocratie, les droits de l'homme, les libertés sont indéniablement la clé du succès.

Longtemps durant, trop longtemps durant, l'Algérie et le Polisario ont agi sur la sphère diplomatique internationale, auprès des Nations Unies et de l'Union africaine, en prônant un discours idéologique fondé sur des propos fallacieux diabolisant le Maroc et victimisant un Polisario, érigé et autoproclamé, par la force des armes et l'autolégitimation, comme représentant unique du peuple sahraoui.

Depuis l'avis de la Cour internationale de justice, en 1975, le Maroc a eu tous les tors de ne pas réagir aux propagandes et actions de manipulations effectuées par l'Algérie et le Polisario. Le Polisario, armé et soutenu financièrement par l'Algérie et la Libye, procédait à des intrusions et à des actions de guérilla, au sein du Sahara récupéré et sous souveraineté marocaine, avant de se replier en territoire algérien. Le Maroc réussit à son avantage les opérations militaires et la maîtrise sur le terrain. La sagesse du Maroc fera qu'il n'usera jamais du « droit de suite » unanimement admis dans le droit coutumier international et les usages dans les relations belliqueuses. Un accord de cessez le feu intervient en attendant de trouver une solution par le biais d'un référendum, qu'il sera difficile à mettre en phase par les Nations Unies compte tenu des difficultés qu'il pose.

Bien des personnes se sont retrouvées embarquées et sont retenues, depuis 1975, dans les camps du Polisario. Nombreux sont ceux qui y sont nés et qui ne savent du Maroc que les propagandes et rumeurs dont ils sont servis. Les difficultés sérieuses au demeurant alimentaires, sanitaires et autres des populations des camps, des séquestrés, n'empêchent pas les dirigeants du Polisario de vivre dans l'opulence, le luxe, le confort et la richesse en  développant leur fonds de commerce autour d'un problème crée de toute pièces. Une question mérite d'être posée : Les dirigeants du Polisario et l'Algérie ont-ils intérêt à un règlement rapide, juste, durable et définitif du dossier du Sahara ? Nombre d'analystes pensent le contraire.

La mauvaise foi du Polisario et de son mentor algérien apparaît aujourd'hui au grand jour avec le plan marocain d'un statut d'autonomie pour le Sahara, qui sera soumis à un référendum des populations. Dans sa démarche, le Maroc aurait pu, en toute légalité internationale et légitimité, s'agissant d'une affaire intérieure, décider, de façon unilatérale, d'un statut d'autonomie pour le Sahara. Or, en dépit de son bon droit, le Maroc prend à témoin la communauté internationale, en appelle le Polisario et l'Algérie ainsi que les différents acteurs politiques nationaux à la discussion, à la négociation, à débattre, à exprimer leurs avis pour mieux emporter les convictions et adhésions de chacun et de tous. Déjà la communauté internationale accueille favorablement et applaudit l'initiative marocaine, qui apparaît comme la solution pour sortir d'une impasse qui n'a que trop durée au détriment des populations concernés. Déjà, les distorsions se font jour entre factions rivales du Polisario. Le Khat Ach Chahid, ou ligne du martyr, dénonce les détournements des aides alimentaires, la misère et les maladies qui touchent les populations des camps, la politique de mendicité du Polisario, tandis que les privilégiés vivent dans le faste et poursuivent leurs trafics en tous genres.

L'histoire est là pour témoigner de ce que les indépendances des peuples colonisés, d'une façon générale, ont loin d'avoir profité à ces mêmes peuples en terme de droits économiques, politiques, sociaux, civils ou culturels. Les processus de développement poursuivis par les pays développés mènent et passent par des statuts d'autonomies des populations et régions. L'initiative marocaine est la première du genre, parmi les pays d'Afrique et du monde anciennement colonisé. Elle est innovante, voire révolutionnaire, dans la mesure où elle consacre un choix de modèle de société où la démocratie est le maître mot. L'initiative marocaine permet de couper court aux discours propagandistes et arguments tronqués des tenanciers d'un fonds de commerce bâti sur le mensonge et la tromperie, mais qui déjà se délabre et va vers la déconfiture.

Le souci du Polisario sera de négocier une solution garantissant la préservation des intérêts de ses dirigeants. L'initiative marocaine dément la plupart des analystes qui se prononçaient sur l'incapacité du Maroc de faire bouger les choses, de proposer un plan sérieux et de surcroît en accord avec les standards les plus évolués en matière de démocratie et de management des droits humains.

La stabilité du Maroc est aujourd'hui confortée avec le nouveau règne, le nouveau concept d'autorité, les consolidations et programmes en matière des droits de l'homme,… Et ce en dépit de quelques tares et dépassements encore liés au passé. Cette stabilité ne peut être que soutenue à l'échelle internationale par les puissances européennes, outre les Etats-Unis, en raison des positions politiques et stratégiques du Maroc, son engagement dans la lutte contre le terrorisme, les dangers inhérents au no man's land limitrophe au Sahara occidental marocain, dans le sahel.

Plus que jamais, les puissances se rendent compte de l'intérêt à soutenir le Maroc, dans ses droits légitimes. Aujourd'hui en particulier, du moment que le pays s'engage dans la forme comme dans le fond, vers un nouveau style de management politique, vers des choix politiques, légaux, stratégiques et démocratiques responsabilisant des populations en l'occurrence celles du Sahara occidental marocain, pour la gestion de leurs propres affaires, dans le cadre d'un statut d'autonomie en accord avec les spécificités de la région.

Longtemps durant, le Polisario et l'Algérie ont œuvré de façon à discréditer le Maroc en matière de gestion des droits de l'homme et des peuples. Avec l'initiative d'un projet de statut d'autonomie pour le Sahara, le Maroc dame le pion à ses adversaires. En dépit de ce que la gestion du Sahara, à l'instar des autres régions du Maroc, relève des affaires intérieures du pays, l'Etat marocain a choisit d'impliquer la communauté internationale en la prenant ainsi à témoin de sa bonne foi. L'attitude marocaine a plus que surpris et pris de court les parties adverses qui se retrouvent en manque d'arguments. Bien plus, le Maroc invite à la discussion, à la négociation et au débat toutes les parties concernées. Le Polisario, lui-même, « la patrie étant clémente et miséricordieuse », selon l'expression consacrée par feu Hassan II, est invité à la table des négociations.

Le destin des populations du Sahara occidental marocain se retrouvera remis entre les mains de ces mêmes populations. Elles pourront élir leurs représentants, faire le choix des décisions dans leurs institutions,… Gérer leur propre destin par elles mêmes. La force de la position marocaine réside tout particulièrement dans le droit international public, le droit international des droits de l'homme, outre l'existence d'un front interne national de soutien à l'initiative marocaine.

Le statut d'autonomie pour le Sahara occidental vient développer et consolider le nouveau concept d'autorité proclamé par le Souverain marocain. L'affichage en matière de lutte contre la corruption, les trafics électoraux, les détournements de deniers publics, marque une rupture avec des pratiques anciennes peu reluisantes. La stabilité du pays réside fondamentalement dans le respect du droit et des droits des citoyens. Avec l'évolution démocratique et libérale du Maroc, tous les scénarios d'antan et les analyses politiques sont à reconsidérer.

L'Etat marocain est en passe d'acquérir, en terme de pouvoir, une nouvelle légitimité, basée sur le droit national et international. Le respect du droit local est déjà en soi une source de légitimité et de crédibilité pour le pouvoir. Autant, dans le cas du respect des standards juridiques internationaux. Les analystes prédisaient que la situation ne ferait qu'empirer pour le pouvoir politique marocain ; c'était ne pas compter sur le développement  de la vision, de choix politiques et des capacités de propositions marocaines.

Indéniablement, l'autonomie au Sahara ne peut que jeter les jalons d'un décollage économique, politique et social de la région. L'Union Méditerranéenne ne peut se constituer tant que le Maroc et l'Algérie se livrent à une guerre diplomatique sur la question du Sahara. Il en est de même pour l'Union du Maghreb Arabe. Le transfert de compétences, dans le cadre de l'autonomie, en termes politiques, économiques, fiscaux, sociaux, culturels et autres est à même de permettre des plans de développement idoines, des pôles de croissances, des décisions, au plus près, par les concernés et pour les concernés

Le gouvernement autonome sahraoui choisit par et pour les populations sahraouis décidera de ses choix en terme de planifications, de pôles de développement et de croissance, d'accords de partenariat,… Le choix de l'initiative d'autonomie pour le Sahara occidental vient de la conviction des succès emportés par les régions autonomes dans le monde.

Le fait que le Conseil de sécurité, de l'Organisation des Nations Unies, dans sa résolution 1754, du 30 avril 2007, adoptée à l'unanimité des 15 membres « se félicite des efforts sérieux et crédibles du Maroc pour faire avancer le processus vers une solution » est un appui incontestable, une appréciation favorable et positive pour les efforts reconnus louables du projet marocain.

Le Polisario pouvait-il dire autre chose qu'il était « prêt à négocier » ? A juste titre, M. Peter an Walsum, représentant personnel du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara, affirme que « l'autodétermination ne veut pas nécessairement dire indépendance ».

Que d'analystes prophétistes, prédisaient une évolution du dossier du Sahara occidental guère favorable au Maroc ! Le pays va au delà de ce que chacun pouvait espérer. Le conflit larvé du Sahara Occidental marocain, attisé et maintenu par le voisin algérien, ne sert les intérêts de personne et encore moins ceux des populations concernées. Il coûte à une Algérie qui tient un double langage, en se disant « non concernée », alors que « très intéressée », des sommes faramineuses qui auraient pu être investies dans le développement du pays algérien et pour le peuple algérien. Le conflit réduit les populations dans les camps du Polisario à un statut très précaire de séquestrés, assimilés à des réfugiés, qui ne sont pas libres de leurs mouvements, et dépendants des aides alimentaires et sanitaires des organisations internationales humanitaires.

On est loin de l'époque de la guérilla sur le terrain, du principe du référendum d'autodétermination acceptée en 1881, par feu Hassan II, et de ses difficultés d'application, les plans suggérés par les représentants des Nations Unies, de l'impasse,…

Le Maroc a réussit à avoir de son côté trois avantages majeurs : Tout d'abord, la maîtrise du terrain, sur le plan militaire, ensuite, le fait d'inscrire sa démarche pour le règlement du conflit dans le droit international, et, enfin, le soutien des puissances et organisations internationales.

A l'inverse, le Polisario connaît une crise de légitimité sans précédent compte tenu des pratiques non orthodoxes de ses dirigeants et des contestations internes, outre une organisation totalitaire de type staliniste, ainsi que des distorsions intertribales entre les R'Guibat et les autres tribus. Ce n'est pas sans raisons si nombre de sahraouis, qui le peuvent, rallient le Maroc.

Avec la solution du Statut d'autonomie élargie pour le Sahara occidental, de surcroît après négociation et soumission à référendum, il n'y a pas de « perdant ». Chacun y trouve à gagner. Autant sur les principes défendus, de part et d'autre, qu'en terme de progrès, de prospérité, de droits et de libertés et responsabilités. Il n'y a pas de victoire de l'un sur l'autre, puisque la négociation devrait permettre d'aboutir à un plan consensuel, soumis à la validation populaire.

Un compromis légal serait ainsi trouvé entre le droit de l'Etat et les droits des peuples. Dans la foulée, voire concomitamment, la constitution marocaine devrait être aussi amendée afin qu'il y soit inscrit clairement l'autonomie et la répartition des compétences.  Car, ce qui peut faire l'objet, ce qui devrait faire l'objet du référendum, soumis à l'ensemble du peuple marocain, c'est bien la révision de la constitution avec mention de l'architecture du statut d'autonomie.

Au-delà des décisions politiques stratégiques, tout un travail de vulgarisation semble nécessaire auprès des populations pour expliquer l'intérêt et l'utilité de l'autonomie.

Copyright : © 2007 Mimoun CHARQI. Tous droits réservés.

Mode officiel de citation : Mimoun CHARQI, « La soultion de la région autonome du Sahara», http://CHARQI.blog4ever.com



07/05/2010
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