- Mimoun Charqi - ANALYSE POLITIQUE ET JURIDIQUE -

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CRIME TERRORISTE, DEMOCRATIE ET DIGNITE HUMAINE

Crime terroriste, démocratie et dignité humaine[1]

Le Maroc vient de connaître, à l'instar d'autres pays, l'horreur, la tragédie sanglante et barbare du terrorisme sauvage et aveugle, ce vendredi 16 mai 2003, à Casablanca. Les victimes sont nombreuses et de toute catégorie sociale. Les images et informations sont insoutenables. Force est de noter que si ce qui est arrivé était pour le moins fort prévisible, cela a néanmoins surpris et n'a pas pu être empêché. Quelle relation nous dira-t-on entre l'acte terroriste du kamikaze et la dignité humaine en passant par la démocratie?

 

Le discours officiel des autorités et des leaders des partis politiques fait mention de ce que les terroristes cherchent à porter atteinte au processus démocratique en cours dans le pays. Ce à quoi ils portent atteinte, c'est surtout à des vies humaines de personnes innocentes. En aucun cas cela ne devrait avoir des répercussions sur le processus démocratique, sur les libertés, sur les droits de l'homme. Le Maroc ne manquera pas de réagir à la tragédie de Casablanca. Mais comment? Les kamikazes sont morts. Leurs complices et commanditaires seront probablement poursuivis pour les crimes commis.


Ce qui est sûr, c'est que le Maroc et ses institutions se retrouvent devant une épreuve bien difficile à passer. Comment gérer cette affaire? Le terrorisme kamikaze est l'expression d'une violence qui, avant de porter atteinte aux institutions, porte atteinte à la dignité humaine. L'humanité de celui qui commet le crime est remise en cause au même titre que celle de la personne qui le subit directement ou indirectement. L'acte terroriste kamikaze est probablement l'expression d'un dérèglement et d'une folie qui ont leurs raisons. Et c'est à ces raisons qu'il faut s'attaquer. Il n'est guère indiqué de combattre le terrorisme, les extrémistes et la violence par les mêmes moyens. Ceux devant être utilisés doivent être des moyens légaux, respectueux des grands principes juridiques. Autrement, l'échec des institutions et du droit serait consommé.

En aucun cas, ce qui s'est passé à Casablanca ne devrait renforcer la répression et les limites aux libertés, ni servir de prétexte au retour des abus. Cela devrait faire réfléchir et agir avec fermeté, dans le respect du droit et des droits et par la mise en place de plus de justice économique et sociale, de démocratie, de respect de la dignité de la personne humaine.

 

Les gens aspirent à vivre en paix. Or, la paix est globale, elle est civile et politique, elle est aussi économique, sociale, culturelle, religieuse. Si la parade aux terrorismes ne peut pas être seulement locale, à l'ère de la globalisation, il n'en reste pas moins que chacun peut agir pour ce qui le concerne. Le Maroc est-il fragile "en raison de la pauvreté qui y sévit"? De la "conjoncture internationale" et de ses positions? En tous cas, c'est ce que d'aucuns affirment, sans avoir vraiment tort!

La misère, les inégalités criardes, la pauvreté, le chômage, l'analphabétisme doivent être éradiqués si l'on veut réellement combattre toute forme d'extrémismes. La solidarité et la tolérance érigées en principes constitutionnels. La Solidarité avec un grand "S", qui s'identifie à davantage de justice économique et sociale.

 

Le Maroc doit faire preuve d'intelligence, de sagesse, et d'efforts sur soi. Personne n'est à l'abri et cela n'arrive pas seulement aux autres. Ceux qui ont commis ces crimes ou participé à leur exécution, en connaissance de cause, en complices, doivent répondre de leurs actes, devant la Justice, mais dans le respect du droit. Si le Maroc parvient à le faire, ce sera là sa première victoire sur ces actes barbares et le Maroc pourra s'enorgueillir de faire partie des nations de droit, engagées réellement dans le processus démocratique. En aucun cas, les crimes commis ne devraient être le prétexte à des abus et violations des règles de droits élémentaires.

 

Concomitamment, le Maroc doit engager de larges chantiers, de grands travaux productifs de richesses et de répartitions de bien-être économique et social. Ce drame de Casablanca doit être l'occasion pour le Maroc de réagir dans le bon sens.



[1] (03/06/2003) Mimoun Charqi (l'Economiste) http://www.capmaroc.com/fiche_actualite.asp?rub=2&id_actu=2244. Ce qui vait pour le Maroc, vaut pour les autres pays du Maghreb.

www.maghreb-ddh.org/forum.php3?id_article=422& id_forum=36&retour=article.php3%3Fid_article%3D422 - 13k

www.amazigh-voice.com/ - 35k

www.proche-orient.info/xrdp_int.php3?id_article=13552 - Résultat complémentaire –



13/07/2010
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