- Mimoun Charqi - ANALYSE POLITIQUE ET JURIDIQUE -

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AUDIT, COMMUNICATION ET PERFORMANCE ECONOMIQUE

AUDIT, COMMUNICATION ET PERFORMANCE  ECONOMIQUE

 

Dans les administrations et entreprises publiques marocaines, il est une particularité, qui probablement se retrouve dans les pays du tiers monde d’une façon générale; il s’agit du manque de communication positive et de performance économique.

La relation entre la communication et la performance économique est très étroite. Lorsque la communication laisse à désirer, dans une société, cela se répercute indéniablement sur la performance économique. Une mauvaise communication, l’absence de communication entraînent des résultats économiques négatifs.

La question qui se pose est de savoir dans quelle  mesure l’audit peut pallier aux problèmes de communication et de performances économiques? Certes, l’audit interne ou externe pourra permettre de se rendre compte des dysfonctionnements; néanmoins, l’audit ne suffit pas à lui seul à transcender les problèmes de communication et de performances économiques. Au delà de l’audit, d’autres décisions seront nécessaires pour rétablir le dialogue, la collaboration, la motivation, ou encore la communication pour des performances économiques acceptables, honorables...

L’audit est probablement un passage obligé pour se rendre compte des problèmes. On peut cependant s’interroger sur les raisons qui conduisent généralement au choix d’entités étrangères dites « internationales » pour des audits dont la qualité bien souvent laisse à désirer, quant on prend connaissance de leurs rapports, et ce en dépit des sommes importantes qui leurs sont réglées.

La première des règles que l’on peut préconiser c’est que l’entité nationale concernée gagnerait en économie et du point de vue de la qualité à ne pas s’adresser systématiquement à des entités étrangères. Notre pays, aujourd’hui ne manque pas de compétences qui n’ont rien à envier à celles venant d’ailleurs.

Avant d’examiner les principaux facteurs susceptibles d’augmenter les performances économiques ainsi que la communication ou la non communication, voyons ce qu’il en est de l’audit.

1. L’AUDIT : LE CHOIX DE L’AUDIT APPROPRIE

Trois types d’audits peuvent être distingués: l’audit « international », l’audit « national » et l’audit interne.

1.1. L’audit international

Bien souvent, des schémas stéréotypés sont utilisés par les auditeurs internationaux. La réalité locale étant souvent délaissée et peu prise en compte à moins qu’il n’y ait sous traitance auprès de cabinets nationaux. La forme et les schémas types sont bien souvent une entrave à un audit de qualité.

Le coût de l’audit international est souvent surdimensionné et sans suites concrètes. Les audits se suivent et se ressemblent ou ne se ressemblent pas dans leurs conclusions et suggestions. Mais ce qui est certain c’est le coût élevé de ces audits.

La crédibilité des rapports d’audit est également à relativiser pour des raisons diverses: la manipulation interne, le temps d’audition, les méthodes de travail, etc.

Toutefois, les bailleurs de fonds feront davantage confiance à un cabinet « international », souvent « recommandé » par eux mêmes, lorsque ce ne sont pas leurs propres « experts » qui sont « imposés ». Il est même arrivé que les rapports de ces bailleurs de fonds, soient démentis par la réalité et contredits par des rapports ultérieurs.

1.2. L’audit national

L’audit national peut être distingué selon deux grandes catégories: l’audit public national et l’audit privé national.

             - l’audit public national

Les entités publiques nationales capables d’ordonner des audits existent bien: le ministère des finances, la cour des comptes, etc. Pourtant l’audit public national est souvent délaissé au profit de l’audit international. Quelles peuvent bien en être les raisons? Toutes les hypothèses sont permises!

             - l’audit privé national

Là encore, la fonction d’audit s’est considérablement développée. Encore que certains recherchent le label étranger par des convention de collaboration leur permettant de travailler sous un nom d’outre mer. On n’est jamais prophète dans son propre pays!

             - L’audit interne

De nombreuses entreprises ont prévu des structures d’audit. La qualité du travail pouvant être entrepris par l’audit interne est sans conteste de loin le plus indiqué. Que de fois n’a-t-on pas entendu les soi disant « experts » étrangers s’exclamer « tient, mais vous savez très bien ce qui ne va pas! Et, en plus vous avez des solutions à vos problèmes!  » Comment se fait-il dès lors que cela n’aboutisse pas? Tout simplement car la crédibilité fait défaut! L’audit interne devrait être reconsidéré et revalorisé. Nul mieux que le personnel de l’entreprise n’est en mesure de savoir quels sont les problèmes et de suggérer des solutions.

Conclusion

A priori, ce sont les cadres internes qui sont le plus qualifiés pour les rapports d’audit. Cependant, compte tenu de ce que leur travail peut être torpillé par la hiérarchie immédiate, il faudra soit responsabiliser le ou les cadres concernés directement devant le premier responsable soit de confier le travail à un cabinet externe. Par ailleurs, la profession gagnerait à s’organiser. L’audit peut s’avérer lourd de conséquences. La responsabilité des auditeurs et organismes d’audit devrait pouvoir être engagée.

2. LA COMMUNICATION

La communication est un mode de gestion qui bien souvent fait défaut quant elle ne se traduit pas tout simplement par la manipulation.

2.1. Communication et manipulation

La communication sans manipulation est-elle possible? A priori, la communication va souvent de paire avec la manipulation. L’idéal serait d’assainir la communication de toutes formes de manipulations négatives. Tout comme la communication, la manipulation peut aller de haut en bas, comme de bas en haut, voire horizontalement. Toute communication d’information, vrai ou fausse, se fait dans un but bien déterminé.

2.2. L’absence de communication

Généralement, la communication fait tout simplement défaut. L’absence de communication tout comme la communication sont des états d’esprit. Tout ne se communique pas. Le secret de certaines informations, connues la plus part du temps de tous doit être préservé. Celui qui détient l’information détient le pouvoir. Il faut dès lors se garder de divulguer l’information détenue. Autant de comportements qui freinent le développement de l’entreprise et qu’il y a lieu de bannir.

2.3. La mauvaise communication

Il arrive trop souvent que les éléments d’information communiqués soient tout simplement tronqués. Une mauvaise communication dans une société rime avec une mauvaise gestion.

2.4. Les conséquences du manque de feed back

Lorsque le feed back attendu fait défaut, les conséquences ne tardent pas à se faire sentir sur le comportement des individus: démotivation, démobilisation, laissé aller, etc.

2.5. Communication du bas vers le haut, du haut vers le bas et horizontale: concertation et adhésion

La communication requise pour le développement se doit être totale. Tout projet de société pour être viable doit être engagé de concert avec les concernés et recueillir leur adhésion. L’absence de concertation, les décisions arbitraires risquent de ne pas recevoir l’adhésion totale des concernés, ceux la même qui doivent en assurer l’exécution et peut vouer le projet à l’échec. Le bon sens, l’intérêt général et la méthode exigent une communication de qualité avec des projets élaborés avec l’implication de l’ensemble des parties.

2.6. Communication et management

Le management moderne va de paire avec une communication de qualité, réfléchie, scientifique et sans faux fuyant ou manipulations. Toutes communications viciées ne peuvent qu’avoir des effets néfastes sur le management et partant sur les résultats potentiels.

Conclusion

La communication positive devrait être retenue comme principe de gestion, hors de toutes manipulations, de façon à utiliser toutes les compétences dans l’intérêt général.

3. PERFORMANCES ECONOMIQUES

Les performances économiques supposent la mise en oeuvre de certain principes qui cependant ne doivent pas être viciés dans leurs utilisation: l’assainissement, la restructuration, la délégation, la décentralisation, la lutte contre des maux divers, la motivation.

3.1. Assainissement

L’assainissement passe bien sur par une connaissance des dysfonctionnements, un audit et une communication de qualité. Il ne peut être conçu d’assainissement sans une connaissance des problèmes; ce qui suppose non seulement leur recensement mais aussi un plan d’action pour y remédier. Que de fois n’a t-on pas vu sous couvert de pseudo « assainissements » une aggravation des problèmes! L’assainissement n’est pas un vain mot et on ne s’improvise pas « assainisseur ». Souvent les opérations engagés dans le cadre d’un soi disant « assainissement » n’ont fait qu’aggraver les problèmes.

3.2. Restructuration et non désorganisation

La restructuration est un exemple type d’opérations engagées pour l’assainissement. Or, que de fois n’a t-on pas vu sous prétexte de « restructuration » une véritable désorganisation? Et va y que je te restructure, et va y que je t’assainisse! Là encore les restructurations ont leurs règles de conduites et l’on ne s’improvise pas apprenti restructureur. L’audit doit être un préalable à toutes restructurations et ces dernières de correspondre et répondre aux réalités et besoins de l’entité restructurée.

3.3. Délégation de pouvoirs et responsabilisation

La délégation de pouvoir et la responsabilisation, sous réserve de contrôles, sont assurément une bonne chose. Néanmoins, la délégation de pouvoirs ne doit pas être le moyen de fuir ses responsabilités et d’engager celles des subalternes.

3.4. Décentralisation

La décentralisation demeure l’un des moyens nécessaires pour un management approprié des grands ensembles. Toutefois, la décentralisation doit être entière avec les moyens et pouvoirs idoines.

3.5. Lutte contre la corruption, le détournement de fonds, la dilapidation de deniers publics, le clientélisme, le favoritisme, ...

La lutte contre la corruption, le détournement de fonds, la dilapidation de deniers publics, le clientélisme, le favoritisme, etc., est un puissant levier pour une amélioration des performances économiques.

3.6. Motivation du personnel

Sans motivation du personnel, il ne peut être question de performances économiques. La motivation n’est pas seulement matérielle, le personnel a besoin de considération, de participation, d’implication, d’être écouté,...

Conclusion

Qu'il s'agisse d'audit ou de communication, en tant que modes de gestion, pour des performances économiques honorables, un maître mot peut être retenu en tant que clef pour la croissance et le développement économique, social et politique d'une société ou d'une entreprise : la sagesse.

La sagesse, le bon sens et la bonne foi érigés comme modes de pensée et de conduite peuvent à travers l'utilisation des moyens et instruments modernes de management conduire à des résultats appréciables. En l'absence de sagesse, de bon sens et de bonne foi, bonjour les dégâts!

 Copyright Mimoun CHARQI
Mode de citation officielle: Mimoun Charqi. "Audit, communication et performance économique". http://charqi.blog4ever.com


18/05/2010
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